fabrication d'un sagaie en canne de Provence

    La canne de Provence (arundo donnax) pousse dans tout le sud de la France. C'est un roseau qui Il pousse vite et droit on peut obtenir des tailles qui sont tout a fait adaptées à la fabrication de flèches mais aussi de sagaies. Les cannes sont légères, solides et rigides et poussent souvent assez droit. Les choix proposés sont ceux que j'utilise, mais il y a de nombreuses autres possibilités. 

un bosquet de canne de Provence (provenance http://liboupat2.free.fr/Plantes/pl_med/canne_pr.htm)

     J'essaye de choisir les cannes les plus droites possibles dans des longueurs situées entre 190 et 210cm. Comme j'utilise un avant fut, la longueur finale du projectile se situe entre 220 et 240cm. J'utilise des cannes dont le diamètre de la partie base est supérieur à 12mm et inférieur à 16mm. La partie basale de la canne formera l'extrémité distale de la sagaie. Je coupe les cannes et je les laisse sécher au minimum deux à trois mois. Avant de les travailler il faut sortir les feuilles a la jonction des nœuds, cette opération est rapidement effectuée a l'aide d'un couteau. Je  coupe les cannes à leur longueur définitive avant de les redresser à la chaleur. Pour la partie qui va recevoir le crochet du propulseur, il convient de couper juste avant un nœud. le nœud renforcera la cupule. Pour la partie distale, je coupe avant  un nœud de manière a dégager la plus grande longueur possible de tube creux qui accueillera l'avant fut.

    Pour redresser les sagaies, je les passe au dessus d'un réchaud a gaz mais un feu de cheminé faut aussi bien l'affaire. Lorsque la canne semble suinter et parait plus brillant, elle est alors suffisamment chaude pour être redressée. Il n'est pas nécessaire de parfaitement redresser la canne. En effet, la recitude du fut est moins critique que pour les flèches. Toutefois plus la sagaie sera rectiligne, mieux ça sera.

Une fois le fut redressé on peut passer aux choses sérieuses. voici l'équipement nécessaire: Du papier de verre, des plumes, un adhésif (ici le double face de bohning spécial empennage mais tout autre adhésif fait l'affaire) du tendon e un bon couteau. A coté, les sagaies à préparer et réparer pour la saison qui s'annonce: 5 sagaies ne canne de Provence et une sagaie en ramin. le ramin est de plus en plus difficile a trouver en grande surface du pricolage. en effet; il provient sur tout d'Indonésie et son exploitation met en peril l'écosystème de l'Orang outan. On peut avantageusement remplacer le ramin par du pin.

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    On va commencer par coller l'empennage. Il existe de nombreuses possibilités. On peut empenner à deux, trois ou quatre plumes et faire varier la taille et la forme des plumes. comme pour les flèches, plus il y a de surface, plus la sagaie sera stabilisée mais plus elle ralentira vite et plus elle sera sensible aux vents de travers. Tout est question de choix. Pour ma part, j'empenne avec 3 plumes d'une quinzaine de centimètres que je retaille ou que je laisse entières. pour empenner, Il faut d'abord poncer soigneusement la surface sur laquelle sera collée les plumes. la canne est très lisse a sa surface et l'adhésif, sans cette étape, ne collera pas bien longtemps. Une fois le ponçage fini, je nettoie le tout à l'acétone. Cette étape n'est pas fondamentale mais c'est une assurance supplémentaire. J'applique l'adhésif sur la plume te je la colle en espaçant mes plumes de 120° (à vue de nez). La base des plumes est placée a environ 3 cm de l'extrémité de la sagaie. Pour encore plus de sureté, l'empennage peut être ligaturé avec du tendon ou un fil fin. Je me contente d'effectuer une ligature a l'avant de l'empennage avec du tendon.

    ensuite vient le travail de renfort de la sagaie. Il consiste a renforcer la cupule qui va accueillir le crochet du propulseur ainsi que ainsi que la dernière section du fut qui va accueillir l'avant fut. Pour cette étape, j'utilise le tendon et de la colle animale; le tendon a la capacité de se rétracter au séchage ce qui augment la solidité du renfort. en l'absence de tendon, on peut utiliser plusieurs autres matériaux: le tendon artificiel qui n'est autre que du nylon, le fil dentaire, même chose mais parfumé, la simple ficelle, la filasse de lin ou de chanvre, plus c'est fin, mieux c'est. A noter que dans tous les cas il vaut mieux sceller le tout avec de la colle, colle animale, superglue ou colle à bois PU. Pour ce qui est des ligature. Il faut aussi poncer le fut avant de les mettre en places sinon la colle risque de ne pas adhérer sur le fut. Comme de nombreux utilisateurs de la canne, je fais 3 ligatures: une a l'extrémité du fut pour éviter qu'il n'éclate, la seconde au niveau du premier noeud pour éviter que celui ci n'éclate si l'avant fut s'enfonce quand même trop et la troisième entre les deux en guise de renfort.

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    On peut ensuite travailler sur l'avant fut en attendant que le collage sèche. L'usage de l'avant fut a plusieurs avantages. Il permet de transporter des sagaies, une fois démontées, plus courtes et donc plus faciles à transporter. Il permet de remplacer plus facilement la partie avant du fut si celle si casse. Il permet d'arriver plus facilement à fabriquer des sagaies de longue taille. Il permet si le bois qui le compose est bien choisi d'équilibrer  adéquatement la sagaie en plaçant plus de poids à l'avant du projectile.

     pour fabriquer l'avant j'utilise de préférence du ramin, plus lourd et plus solide que le pin ce qui augmentera sa durée de vie et améliorera l'équilibrage du projectile. Je travaille à partir de tourillon acheté dans le commerce par soucis de rapidité et par fainéantise, mais un avant fut en noisetier, en viorne ou dans n'importe quel bois dur que vous aurez travaillé est aussi efficace. je choisis un avant fut d'un diamètre supérieur ou égal au diamètre extérieur du fut en canne. Sur la partie arrière de l'avant fut, je marque la longueur qu'il y a entre le l'extrémité du fut en canne et le premier nœud. Puis à l'aide de différents outils, je réduis le diamètre de l'arrière de l'avant fut jusqu'a ce qu'il s'emboîte en forçant un peu dans le fut en canne. personnellement je travaille avec ma ponceuse a bande et du papier de verre de 40 pour les finitions mais le travail est très, parfois trop,  rapide. Une outils stanley sureform, une râpe a bois ou un simple couteau sont tout aussi efficaces, et limitent le risque d'erreur car on va moins vite. j'essaye de laisser un épaulement sur l'avant fut qui réduira le risque d'enfoncement de celui ci en cas d'impact violent sur une pierre (si si , il arrive qu'on rate la cible)....

 

     Pour ce qui est de la pointe, on peut fixer tout type de pointe. Éclat de silex, pointe de Font robert, Feuille de Laurier ou harpon magdalénien, personnellement je préfère ne rien mettre. Tout d'abord, je ne suis pas un suffisamment bon tireur pour être sur qu'une pointe en os ou en bois animal ressortira indemne d'une séance de tir alors ne parlons pas d'une pointe en silex. De plus avec ce système d'avant fut plus lourd, il n'est pas nécessaire d'alourdir encore plus la pointe pour l'équilibrage du projectile. Je me contente donc de façonner ma pointe directement dans le bois de l'avant fut. quand la pointe est trop mousse, un coup de couteau et  elle retrouve son aspect originel....

    Maintenant la sagaie est finie. Il ne reste plus qu'a prendre son propulseur et à aller la tester.....

 

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